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Le civet de mimile aux roses des prés,

ou le salamis de garenne aux champignons de Paris !

dimanche 7 mai 2006, par Vintz

Pendant mes vacances scolaires, j’ai eu la chance de connaitre un vieil homme un peu braco, un peu suce-canelle que l’on appelait Miton. II habitait les Cailleres â Chaumussay, un hameau perche sur les coteaux â l’orient du village. Rien d’un bour-geois Miton ! Mimile Denis, de son vrai nom, etait un piou-piou qui avait ete gaze â la guerre quatorze et qui ne pouvait travailler de maniere soutenue aux travaux des champs ; ce qui lui permettait de s’occuper des ecrevisses bleues de la Muanne, de poser des collets pour les jeannots et de cueillir des roses des pres. Une ou deux fois par an Mimile m’invitait â partager son repas. Bien enjabote et tres affute, Mimile m’ati-cochait lorsqu’il preparait notre festin. II sortait son grand zigou et coupait quel-ques belles tranches d’un gros pain un peu rassis et nous commencions â decortiquer les ecrevisses qui sentaient fort l’anis. Je suppose qu’il apportait un peu de fenouil sauvage dans le court-bouillon. Mais pour m’honorer, sa grande specialite c’etait le civet de garenne qu’on preparait la veille du repas...

- Il enlevait les quatre membres, separait le cou de la tete et coupait le rdble en trois ou quatre morceaux,
- On faisait revenir quelques noces de poitrine coupees en des dans une vieille casserole rouge d damiers blancs, au couvercle depareille.
- II faisait de meme pour les morceaux de lapins sur lesquels il versait une bonne rasade de marc produit par le couilleur de bru du coin, et il faisait flamber.
- II saupoudrait de farine, meaait un bouquet garni, une dizaine de petits oignons, laissait cuire un quart d’heure à feu doux en ajoutant un bon verre de Restigne et une goutte de vinaigre.
- Il faisait ensuite chauffer une fillette de vin qui me semblait assez prestigieuse, à cause de la fafon dont il la cherissait et la versait dans le civet en ajoutant les lardons et une bonne quandte de roses des pres suivant l’importance de la tombee.
- II laissait mijoter dans la cheminee, sans bouillir mais rajoutait de temps en temps encore un peu de bigetegorne lorsque le civet s’epaississait. ...

Le civet une fois rechauffe, il me le servait souvent avec des pommes de terre dans la cendre et une badaulee de roses des pres accompagnee d’une petite salade de cochets et les eternels casse-muses au dessert. Pas de doute, Mimile me prenait pour un heros de Saint-Ex. Brave bonhomme qui me donnait de l’eau tres rougie â l’epoque pour accom-pagner ce festin.

Allez, ca fait rien, Mimile, mais je trouve que j’avais un peu la tçte qui tournait a la fin du repas. J’etais tout acagnardi. Aujourd’hui je realise cette recette et je la marie avec des vins des Busardieres 1996, depuis, le lendemain, je n’ai plus de congres de forgerons.

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